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La bêcheuse 2 mai 2017

Posté par nanounanou dans : Nanou lit , trackback

Quand je ne vais pas au ciné, je lis. Oui, je vis à 100 à l’heure. Comme l’a d’ailleurs dit mon (idiote d’) ex belle-mère à son (crétin de) mari le lendemain de notre première rencontre: « c’est une bêcheuse, elle lit des livres! » (pouêt)

But.

Plusieurs livres sont  au programme de notre causerie de bêcheur(se)s, et on commence par les prix littéraires de la rentrée (je suis super jet-laggée).

DSCN0016

 

(Mauvais) plot-raccourci: abominable fait divers au pays des nounous. Pas de spoiler, le livre s’ouvre direct sur la scène de crime. Et puis on remonte le temps et le fil de l’histoire. Le couple et ses deux enfants, leurs valeurs, leurs principes d’éducation, la quête de la nounou parfaite. Et Louise arrive. Elle est parfaite, c’est bien simple elle fait tout (un peu surexploitée peut-être?)  et même un peu trop, au point de se rendre indispensable. De totalement se projeter dans la vie de la famille et d’en oublier la sienne, terne et sans relief. Lentement la tension monte, la folie gagne, jusqu’au terrible dénouement. C’est un livre qui se lit d’une traite, bien écrit, bien « ressenti », pourtant je n’ai pas pu m’empêcher de regretter le traitement un peu glacial d’une telle monstruosité.

Gabriel a 33 ans et vit en France depuis 20 ans. Un coup de fil le rappelle à son enfance de fils d’un expat/colon belge et d’une mère rwandaise dans les années 90 à Bujumbura. Il n’a connu que ce continent, l’Afrique, que ce pays, le Burundi. Il n’est ni vraiment noir ni vraiment blanc mais ça n’est pas un problème et il vit heureux dans une impasse-cocon protégée, avec du personnel (africain) pour le servir, entouré de ses copains également issus de couples mixtes et plutôt aisés. Jusqu’à ce que ses parents se séparent, puis que les tensions au Rwanda voisin ne commencent à gangrener le Burundi. Jusqu’à ce coup d’Etat qui fait résonner les mitraillettes dans son impasse. Dès lors la dégringolade est amorcée et la vie de Gabriel va radicalement changer. Je n’ai pas trop aimé. C’est bien écrit, mais ça manque de relief. La toile de fond en est quand même la guerre, les massacres, les génocides au Rwanda et au Burundi,  et à mon avis on ne réalise pas vraiment à la lecture l’horreur de ces situations. C’est certainement un parti-pris de l’auteur. Pas de sensationnalisme ni de voyeurisme. Mais du coup on a du mal à  entrer dans la peau des personnages. En revanche, la vie de « colon » blanc et riche dans l’Afrique des années 90 est plutôt bien décrite et réserve son lot de surprises.

Matthieu et Aurélie vivent à Paris. Ils s’aiment, sont parents d’un petit Gary et le deuxième bébé est en route. En janvier 2015, ils participent à la marche après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher. Le vendredi 13 novembre de la même année, Matthieu va seul voir les Eagles of Death Metal  au Bataclan. Aurélie, chez eux, apprend les « événements ». Elle attend, espère, en vain. Matthieu ne reviendra pas. Le 14 novembre 2015 sera le premier jour de sa vie d’après. Cette vie qu’il faudra continuer, pour ses enfants (leur fille naîtra en février 2016), pour elle, pour Matthieu. Et tout ce processus débute avec la nécessaire reconnaissance du corps de l’homme de sa vie à la morgue… C’est déchirant, bien sûr. Evidemment. On se demande comment elle a fait. Pour expliquer à Gary que non,  son père ne rentrera plus, mener sa grossesse à terme, accueillir Thelma, qui ne connaîtra jamais son papa. Aurélie choisira de parler à la télévision, dans les journaux, et d’écrire ce livre. Je me méfiais de cette exposition médiatique qui aurait facilement pu virer à la récupération. Elle m’agaçait un peu cette jolie jeune femme si blonde au rouge à lèvres carmin, toujours souriante et forte. Elle en parle de ça, justement. De cette « force », ce courage, cette détermination. Et de son rouge à lèvres, qu’elle revendique comme un étendard. Là encore j’ai regretté le côté un peu clinique du récit. Non que je veuille absolument des cris, des pleurs, du drame, mais quand même! Mon choix de mots est mauvais mais on ne sent pas assez la passion (dans tous les sens du terme) et pourtant elle est forcément là. Quoiqu’il en soit, Nos 14 Novembre livre un témoignage poignant et, pour employer un mot à la mode et donc galvaudé, inspirant.

 

 

Mes petits cochons à lunettes, je vais vous laisser là, pantelants et haletants, car comme vous avez regardé attentivement la photo vous vous dites « mais quid de Ellory? » (si, vous vous le dites). Eh bien sachez que Roger Jon mérite un article à lui tout seul.  Je l’ai rencontré (je suis la Michel Drucker de la littérature) et je souhaite en parler tranquillement. Désolée pour le lecturus interruptus (en cas d’urgence absolue vous avez bien un Musso sous la main. Celui qui cale votre table basse).

Lisez donc déjà tout ça (je vérifierai), et on se reparle bientôt!

 

 

Commentaires»

  1. D’accord avec toi au sujet de cul de sac. Pas aimé le Goncourt. Je vais commander un Ellory, écrivain que tu encenses depuis bien longtemps. Quel titre me recommandes-tu pour un premier livre ?

    Répondre

    • Ma réponse a disparu (turlututu)???

      Répondre

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